Du 20 au 24 août, à Libreville se tient la 4ᵉ édition du camp de danse À Cœur Ouvert (ACO4). Cinq jours de célébration où professionnels locaux et internationaux croisent leurs pas, leurs styles et leurs histoires. Zumba, kizomba, break dance… un cocktail explosif taillé pour séduire tous les amoureux de la danse. L’évènement a été lancé par une conférence de presse. Puis, place à l’immersion : classes initiatiques, ateliers de renforcement et rencontres inédites. Depuis quatre ans, sa promotrice, Moreen Abessolo, danseuse professionnelle gabonaise, mobilise afin de rehausser l’image de la danse au Gabon mais surtout, le niveau des danseurs, et offrir une plateforme digne aux artistes. Les trois premières éditions semblent tenir ce leitmotiv et la quatrième n’en est que le prolongement avec plusieurs améliorations à la clé. Le public étant plus nombreux chaque année. «mes idées ont pu prendre forme comme je le voulais. Il y a des parents pendant les éditions précédentes qui nous demandaient de rallonger le temps parce que cinq jours ce n’est vraiment pas suffisant mais ce n’est pas rien non plus », souligne-t-elle.
Le camp s’ouvre à tous. Petits et grands peuvent choisir leur style de prédilection et s’inscrire à une ou plusieurs classes dans la même journée, pour un tarif unique de 3 000 F CFA. En clôture, des battles déjà très attendues réuniront près de 70 danseurs. Un show qui promet d’attirer une foule encore plus large l’année prochaine.


Mais ACO4 n’est pas qu’un enchaînement de pas cadencés. Cette édition porte un thème fort : « Danse et silences intérieurs ». Une invitation à exprimer ce que les mots taisent. La danse devient alors un langage brut, parfois plus puissant que les discours. Et pour aller plus loin, des débats abordent des sujets sensibles : la dépression qui mine certains artistes dans l’ombre, ou encore le statut précaire du danseur au Gabon, dont la révision pourrait changer la donne. Au-delà du spectacle, ACO4 raconte une histoire de persévérance. Celle de danseurs souvent marginalisés, trop longtemps dénigrés, qui continuent pourtant de bâtir des espaces de formation pour transmettre leur art. Une génération qui refuse l’effacement et qui, à force d’audace, espère bien écrire une nouvelle page de la danse gabonaise.