CESEC : l’heure du renouveau

L’élection des membres du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC) s’est tenue ce mardi au Mess de l’Armée de l’Air, en face de la Base aérienne 01, dans une atmosphère marquée par une forte mobilisation des acteurs du corps social gabonais.

Cette élection s’inscrit dans le contexte de la transition politique et marque une rupture significative avec les précédentes mandatures. Selon Joël Richard Boungat, coordinateur général du comité d’organisation des élections du CESEC, le renouvellement de cette assemblée repose sur deux principes fondamentaux : d’une part, son installation après la période de transition institutionnelle, et d’autre part, l’élargissement de sa composition à de nouveaux acteurs du corps social.

« Cette assemblée voit l’arrivée en son sein des populations autochtones, des traditionnistes gabonais, des Gabonais de la diaspora, des confessions religieuses, ainsi que des artisans. C’est une innovation majeure par rapport aux assemblées précédentes », a-t-il expliqué.

Le CESEC demeure une institution consultative majeure, chargée de conseiller le Gouvernement, le Président de la République et les chambres du Parlement sur les grandes orientations économiques, sociales, environnementales et désormais culturelles du pays. L’intégration explicite de la dimension culturelle constitue d’ailleurs l’une des principales innovations de cette nouvelle mandature, afin de mieux refléter la diversité du tissu social gabonais dans les avis et rapports produits par l’institution.

Une organisation structurée et une participation massive

Le processus électoral s’est articulé autour de trois grands groupes :

  • le groupe du patronat, incluant les confédérations patronales, les professions libérales et les acteurs socioprofessionnels ;
  • le groupe des confédérations syndicales des travailleurs du secteur public, du secteur privé et parapublic, ainsi que les syndicats autonomes ;
  • le groupe des organisations non gouvernementales et des associations.

Sur près de 500 à 600 dossiers de candidatures enregistrés, environ 350 ont été validés pour l’élection de 99 conseillers titulaires et suppléants. La répartition des sièges prend en compte les représentants de l’État, des confédérations syndicales patronales et salariales, des associations, des collectivités locales, des populations autochtones, des Gabonais de l’étranger, des confessions religieuses et des traditionnistes.

Une élection disputée et porteuse d’espoir

Pour plusieurs candidats issus du mouvement syndical, cette élection revêtait un caractère particulièrement stratégique. MINTSA MI ESSONO Étienne, secrétaire général de l’Union des Travailleurs du Gabon (UTG), a salué une élection « serrée », notamment dans le secteur public, qualifié de « multiforme et très compétitif ».
« Être parmi les six représentants était un véritable challenge. Cette session du CESEC est particulière, car elle accompagne la restitution des institutions après la transition. Je remercie mes camarades, la commission électorale et Dieu, car tout vient de Lui », a-t-il déclaré.

De son côté, la société civile s’est largement mobilisée. Plus de 100 candidatures ont été enregistrées dans le seul domaine des droits humains, témoignant d’un fort engouement des organisations. Pour plusieurs acteurs, l’enjeu dépasse l’obtention des sièges : il s’agit avant tout d’affirmer la volonté de la société civile de participer activement à la vie économique, sociale, environnementale et culturelle de la nation.

Des résultats encourageants pour la société civile

À mi-parcours du dépouillement, certaines coalitions se félicitent déjà des premiers résultats, avec l’obtention de sièges dans les domaines de l’environnement et du développement rural. Les résultats définitifs sont attendus à l’issue du vote dans l’ensemble des thématiques.
Les acteurs de la société civile appellent par ailleurs les plus hautes autorités à prendre en compte cette mobilisation, notamment dans le choix de la future présidence du CESEC, plaidant pour qu’un représentant de la société civile soit porté à la tête de l’institution.

Des élus reconnus

Parmi les personnalités élues ou en lice figurent notamment :

  • MINTSA MI ESSONO Étienne, Secrétaire général de l’Union des Travailleurs du Gabon (UTG) ;
  • Emmanuel Mvé Mba (CAPPE) ;
  • MBIRA OBOUNE Jean Chrysosthome, Secrétaire général de l’ODESTRAG ;
  • Frédéric Mba Bibang.

Pour Jean Chrysosthome Mbira Oboune, secrétaire général de l’Organisation démocratique syndicale des travailleurs du Gabon (ODESTRAG), le processus s’est déroulé « dans de très bonnes conditions », saluant à la fois l’organisation et la confiance accordée par ses camarades.
Cette élection du CESEC ouvre ainsi la voie à une assemblée plus représentative, inclusive et en phase avec les attentes des populations gabonaises, à l’heure où le pays s’engage dans une nouvelle étape de son évolution institutionnelle.

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