De la nécessite d’un think tank national

Il est incontestable qu’aujourd’hui dans un contexte de mondialisation, de compétition de meilleure administration, de reproduction de meilleurs modèles et de bonne gouvernance, la formulation du Gouvernement gabonais sur la mise en place d’un THINK TANK ou centre de recherche et de réflexion sur des questions politiques, économiques et sociales s’impose comme une urgence.

Il s’agit de la mise en œuvre d’un ensemble coordonné d’actions visant à accroitre les capacités nationales d’analyse de politiques économiques et sociales, à promouvoir une implication effective du secteur privé et de la société civile dans le processus de développement. Ce groupe de réflexion, composé d’Experts issus de divers horizons (universitaires, anciens responsables politiques, économistes, chercheurs etc.) qui se consacrera à l’analyse approfondie des questions d’intérêt public, qu’elles soient politiques, économiques, sociales ou scientifiques. L’objectif principal d’une telle structure est de produire des études, des rapports et des recommandations destinés à éclairer et influencer les décideurs publics, les entreprises, les médias, la société civile et le grand public sue les enjeux stratégiques. C’est une aide à l’adaptation ou à la réorientation des stratégies publiques.

L’implémentation d’un THINK TANK s’inscrit dans la nouvelle vision de développement, d’amélioration des conditions de vie des gabonais, de la rentabilité des services publics et la rationalisation des dépenses publiques. Il s’agira ainsi de trouver des solutions appropriées aux contraintes spécifiques de chaque programme. Car plus de vingt-cinq ans après, malgré les différents programmes et politiques publiques mis en place, même si on ne peut pas parler d’échec et que l’on note des avancées notables, les difficultés en matière de gestion des politiques de développement économique sont perceptibles et les défis majeurs subsistent.

 L’inefficacité des Politiques et des programmes

Les innovations managériales et les démarches de modernisation se multiplient au sein des Administrations. Mais rares sont celles qui aboutissent. Les résultats obtenus s’avèrent généralement contradictoires à ceux espérés. Ce qui fait dire qu’il y’a un problème d’évaluation des politiques, car les études qui analysent de manière spécifique les démarches, de l’introduction à l’implantation des programmes (décision d’adoption, adoption et mise en œuvre, institutionnalisation, abandon ou remplacement) ne sont jamais suivies.

  Le manque d’expertise appropriée des administrations

La plupart des Administrations manquent de compétences en matière d’expertise et de gestion des affaires publiques. La qualité des ressources humaines est peu satisfaisante, malgré les efforts engagés par le Gouvernement. Les départements impliqués dans la gestion des politiques économiques et sociales ne sont toujours pas pourvus d’agents qualifiés.

 La multiplicité des programmes et des centres de décision 

L’une des faiblesses relevées dans la mise en œuvre des reformes est bien la pluralité des programmes et leur manque de coordination. A titre d’exemple on peut noter le manque de coordination entre les agences et les administrations centrales ; ce qui favorise le cloisonnement des programmes et plusieurs centres de décisions.  Cette pluralité des politiques traduit également le manque d’objectivité dans la définition des priorités.

 Manque de durabilité des programmes

De nombreux programmes restent éphémères. La durabilité à long terme des programmes pourrait être assurée par une meilleure conception en mettant l’accent sur les interventions économiques et sociales viables, acceptables en développant des structures qui deviendront autonomes et financièrement stables. Le système devrait être conçu pour assurer leur durabilité jusqu’à leur mise en œuvre.

Insuffisances sur la maitrise des finances publiques.

Pour atteindre justement ces objectifs, de nombreuses réformes structurelles ont été menées visant à moderniser et à diversifier l’économie.  Les Autorités devront contrôler les dépenses des administrations et veiller à la bonne exécution des budgets. Pour mieux gérer les budgets et répondre aux demandes croissantes des citoyens, les Autorités gabonaises ont pris des mesures préventives de contrôle à travers l’introduction des programmes de gestion efficace et rigoureux.

Manque de statistiques fiables

Au Gabon on note une insuffisance de capacités à produire des statistiques de qualité et s’en servir pour formuler des politiques basées sur des faits concrets. Il en découle des difficultés pour suivre la mise en œuvre des projets et programmes de développement socio-économiques et culturels.

 Le chômage des jeunes

Le chômage des jeunes constitue une des préoccupations majeures du Gouvernement, car la population concernée représente près de la moitié de la population totale. Toutefois, ces domaines de compétence ne doivent pas être considérés comme exclusifs. Le THINK TANK doit pouvoir répondre aussi aux problèmes économiques brulants qui préoccupent les acteurs de l’économie.

Les objectifs spécifiques du THINK TANK se présentent comme suit:

1) contribuer à l’évaluation des politiques publiques, aider les collectivités locales à rendre des comptes aux responsables politiques et aux citoyens sur la manière dont un programme a été mis en œuvre et sur les résultats qu’il a obtenu. Cette évaluation permettra également d’améliorer l’efficacité de l’action publique. Ce sera un outil d’analyses et de recommandations. Les activités viseront le développement d’une culture d’évaluation des programmes publics. Un accent particulier sera mis sur l’amélioration de la planification à long terme et stratégique dans les ministères pilotes ainsi que les besoins de statistiques dans l’optique de suivre l’impact des politiques.

2) améliorer la gestion des finances publiques ;

3) mettre en place des mécanismes performants pour l’analyse et l’évaluation des politiques économiques et sociales dans une perspective globale de développement et de lutte contre la pauvreté ;

4) améliorer les performances de l’administration publique et contribuer au renforcement des capacités humaines et institutionnelles. Le renforcement des capacités en vue de suivre l’impact des politiques. ;

5) mettre à la disposition des décideurs et opérateurs économiques des informations fiables susceptibles d’améliorer la conception, la programmation et l’exécution des politiques nationales.

Il sera l’interface entre les Administrations et le Gouvernement. C’est un outil au service des ressources humaines. Il apporte au Gouvernement   une écoute personnalisée et un appui technique pour l’aider à satisfaire le besoin en renforcement des capacités. Les différentes stratégies mises en œuvre seront les suivantes : les études techniques/la recherche ; la formation, le coaching et l’assistance technique ; l’appui institutionnel ; la documentation et la diffusion de l’information socioéconomique. Plus que jamais, la gestion de la chose publique sous la Cinquième République, exigera l’effectivité d’un THINK TANK pour une GESTION AXEE SUR LES RESULTATS.

   MBA ZOGHE Fidèle   Administrateur Civil

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