Les marchés financiers ont réagi favorablement aux récentes annonces des autorités gabonaises concernant leurs relations avec le Fonds monétaire international (FMI). Entre mardi et mercredi, l’écart de rendement de la dette souveraine du Gabon sur les marchés internationaux s’est contracté d’environ 180 points de base, un mouvement interprété par les investisseurs comme un signal de détente du risque pays. Cette évolution intervient alors que Libreville a confirmé son intention de mettre en œuvre un programme de croissance économique soutenu par le FMI, dans le cadre de discussions visant à obtenir de nouveaux financements. Dans un communiqué publié mercredi par le ministre de l’Économie, des Finances et de la Dette, Thierry Minko, ce programme a pour objectif de soutenir le « développement économique et social durable du pays ». Le ministre a également indiqué que les échanges techniques et institutionnels entre le Gabon et l’institution de Bretton Woods « ont été renforcés et se poursuivent activement ».

Le Gabon avait annoncé dès le mois de mai son souhait d’engager des négociations formelles avec le FMI. En 2024, l’institution avait suspendu un programme de financement d’un montant de 553 millions de dollars, quelques mois après la prise de pouvoir par les militaires dans ce pays d’Afrique centrale, important producteur de pétrole. Cette suspension avait accru les incertitudes sur la trajectoire budgétaire et financière du pays. Sur le plan de la notation souveraine, les fragilités structurelles demeurent. En décembre, l’agence Fitch Ratings a abaissé la note de la dette gabonaise en catégorie spéculative, citant notamment l’élargissement du déficit budgétaire et un affaiblissement de la demande des investisseurs pour les titres de dette du pays. Cette décision rappelait les défis persistants en matière de discipline budgétaire et de gestion des finances publiques.
Malgré ces contraintes, les marchés obligataires ont réagi positivement à la perspective d’un programme encadré par le FMI. Les obligations gabonaises libellées en dollars ont enregistré l’une des meilleures performances parmi les marchés émergents sur la période récente. Les titres arrivant à échéance en 2031 ont progressé de plus de quatre cents par dollar, s’échangeant autour de 81 cents, tandis que les obligations à maturité 2029 ont également affiché une hausse sensible. Cette dynamique reflète l’anticipation d’un cadre de réformes économiques susceptible de renforcer la crédibilité budgétaire du pays. Nous soulignons également que les comptes extérieurs du Gabon apparaissent, à court terme, relativement plus solides que ceux de plusieurs autres pays exportateurs d’énergie, dans un contexte de volatilité des prix des matières premières. À moyen terme, la confiance des investisseurs dépendra toutefois de la capacité des autorités à traduire leurs engagements en mesures concrètes. La conclusion d’un accord formel avec le FMI, la mise en œuvre effective des réformes annoncées et l’évolution des équilibres macroéconomiques resteront des éléments déterminants pour la trajectoire de la dette gabonaise et l’accès du pays aux financements internationaux.