Derrière les accusations d’exclusion des architectes gabonais, une réalité s’impose : le choix du président Oligui Nguema de confier Libreville 2 et le nouvel aéroport à Pierre Goudiaby Atepa n’est pas un reniement national, mais un pari sur l’excellence. Une décision qui conjugue expertise africaine et talents gabonais.
Depuis quelques jours, certaines voix s’élèvent pour critiquer le choix du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, d’avoir confié à l’architecte sénégalais Pierre Goudiaby Atepa la conception du projet Libreville 2 et du nouvel aéroport international. Les critiques, souvent virulentes et empreintes de suspicion, accusent ce choix d’exclure les architectes gabonais. Mais à y regarder de plus près, ces attaques relèvent davantage du ragot que d’une analyse sérieuse. Pierre Goudiaby Atepa n’est pas un architecte ordinaire. Reconnu en Afrique et au-delà, il a signé des œuvres qui marquent durablement l’urbanisme et l’architecture du continent. Le solliciter pour Libreville 2 et le nouvel aéroport n’est pas un signe de faiblesse, encore moins une mise à l’écart des Gabonais, mais un choix réfléchi. Le président de la République a voulu associer au développement du pays une personnalité dont la vision et l’expérience peuvent servir de catalyseur à des projets d’envergure nationale. Contrairement aux rumeurs, la présence de Goudiaby n’exclut nullement les compétences locales. Déjà, quatre architectes gabonais l’accompagnent dans cette mission, et d’autres viendront renforcer l’équipe. Urbanistes, ingénieurs et techniciens gabonais sont appelés à y contribuer activement. Autrement dit, c’est une véritable synergie qui se met en place, conformément à la volonté affirmée du chef de l’État : associer les Gabonais à chaque étape de la modernisation du pays.
Le développement ne se construit pas en vase clos
L’histoire des grandes nations prouve que l’ouverture à l’expertise internationale est un levier essentiel du développement. En France, François Mitterrand a confié à l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei la conception de la pyramide du Louvre, devenue un symbole planétaire, réalisée avec des ingénieurs et ouvriers français. À Dubaï, les tours emblématiques comme le Burj Khalifa, conçues par l’Américain Adrian Smith, ont été bâties grâce à une main-d’œuvre multinationale, intégrant les compétences locales. Aux États-Unis, la Statue de la Liberté, aujourd’hui icône nationale, a été conçue par le Français Frédéric Auguste Bartholdi avec l’ingénieur Gustave Eiffel, mais assemblée sur place par des ouvriers et ingénieurs américains. En Australie, l’Opéra de Sydney, l’un des bâtiments les plus célèbres au monde, a été imaginé par l’architecte danois Jorn Utzon, mais construit avec des ingénieurs et entreprises australiennes. En Égypte, le Grand Musée égyptien du Caire a été conçu par le cabinet irlandais Heneghan Peng, mais réalisé avec une large implication d’architectes et d’ouvriers égyptiens. En Côte d’Ivoire, la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, œuvre monumentale, a été confiée à l’architecte libanais Pierre Fakhoury, tout en intégrant une main-d’œuvre ivoirienne. Ces exemples démontrent que le recours à des talents venus d’ailleurs n’est pas une faiblesse, mais une stratégie d’excellence. Le Gabon, en s’ouvrant à Pierre Goudiaby, suit cette logique : viser la qualité et l’innovation, sans jamais négliger les forces locales.
De la critique à la responsabilité
Il est légitime que des citoyens s’interrogent et débattent des choix stratégiques de leur pays. Mais il est dangereux de transformer ce débat en procès d’intention ou en soupçon permanent. Le véritable enjeu n’est pas de savoir si l’architecte est gabonais ou étranger, mais de mesurer l’impact de ces projets sur le quotidien des Gabonais : combien d’emplois seront créés ? Quels bénéfices pour la ville de Libreville ? Comment ces infrastructures renforceront-elles l’attractivité du pays ? La responsabilité des acteurs publics, des médias et même des activistes est de dépasser les discours faciles pour éclairer la population avec des arguments solides. Le développement d’une nation ne peut se résumer à des slogans de préférences nationaux déconnectés de la réalité. Libreville 2 et le nouvel aéroport symbolisent l’ambition d’un Gabon moderne et ouvert. Ces projets ne sont pas seulement des chantiers ; ils sont des jalons posés sur le chemin de la transformation nationale. Le choix du président de s’entourer d’une figure africaine de l’architecture, tout en intégrant largement les compétences gabonaises, traduit une vision équilibrée et pragmatique : apprendre des meilleurs, s’inspirer de ceux qui ont marqué, et bâtir ensemble l’avenir du Gabon. Face aux ragots, il convient donc de garder le cap. Le développement ne se nourrit pas de suspicion, mais de travail collectif, d’ouverture et d’ambition. C’est à cette condition que le Gabon pourra véritablement se hisser au rang des nations qui avancent.