L’UN & RPM : la durée pour que 2023 ne soit pas un accident

Alors que s’ouvrent les campagnes pour les législatives et les locales, une évidence s’impose : le moment qui s’annonce ne doit pas être réduit à une compétition d’hommes ou de slogans. Il engage une responsabilité plus profonde, celle de consolider l’alternance conquise de haute lutte en 2023 et de protéger la mémoire des sacrifices consentis. À Oyem comme ailleurs, l’électeur est convoqué pour décider non seulement de qui occupera demain les bancs de l’Assemblée nationale et des conseils locaux, mais aussi de quel type de politique nous voulons pour notre pays : une politique faite de constance et de vision, ou une politique dévoyée par l’opportunisme et la versatilité. L’histoire récente nous enseigne qu’il existe des forces politiques qui ont forgé leur légitimité dans le temps long et l’épreuve. L’Union nationale (UN), autour de figures comme Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, ou Minault Zima Ebeyard, Franck Ndjimbi, François Ondo Edou, et d’autres a traversé plus d’une décennie de luttes et de persécutions sans jamais renoncer à sa ligne d’alternance démocratique.

Le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) du professeur Alexandre Barro Chambrier a quant à lui marqué le paysage par la clarté de son discours, la qualité intellectuelle de son chef et son rôle moteur dans l’unification de l’opposition. Ces partis, avec leurs bases solides et leurs cadres reconnus, ont porté les batailles décisives de la décennie 2015-2025, au prix parfois de la prison, de l’exil, de la mise à l’écart sociale. Ce sont eux qui ont donné corps à ce vaste mouvement de 2023, Alternance 2023, qui, contre toutes les prévisions, a imposé l’idée d’un candidat unique et, par les urnes, a réussi à battre Ali Bongo. Rien de ce que nous vivons aujourd’hui, aucune des ouvertures politiques actuelles, ne serait possible sans cette persistance, sans cette fidélité à un idéal de rupture. Face à cette histoire, la lucidité s’impose. Car voici que se dressent désormais sur le chemin électoral des forces nouvelles, des partis récents, des candidatures souvent parachutées ou cooptées, qui prétendent incarner le renouveau sans avoir éprouvé leurs convictions dans les épreuves d’hier. Qu’un parti comme l’UDB, ou d’autres formations nées dans l’euphorie post-2023, cherche à exister politiquement, c’est légitime. Mais il faut dire clairement que leur ancrage reste fragile, que leur base est encore virtuelle, que leur discours de rupture se heurte souvent à des pratiques anciennes de cooptation et de clientélisme. Les électeurs doivent refuser de se laisser séduire par des visages nouveaux qui ne portent aucun héritage et qui pourraient demain se muer en simples gestionnaires de leurs propres intérêts. Le danger est réel : voir le Parlement et les assemblées locales se remplir d’opportunistes, avides de se servir plutôt que de servir. Ce serait trahir l’esprit de 2023, qui n’a jamais été une simple alternance de personnes, mais une aspiration à un autre système.

La responsabilité qui incombe aujourd’hui aux citoyens est donc lourde. Il ne s’agit pas d’opposer les anciens aux nouveaux, mais de rappeler que la constance, la fidélité, l’expérience et la cohérence sont des valeurs cardinales en politique. Les grands blocs qui ont marqué notre vie publique, l’Union nationale et le RPM, ne sont pas exempts de critiques, mais ils possèdent un capital de crédibilité forgé par l’histoire. Ils ont porté une vision de changement de régime et de système qui demeure encore la seule feuille de route sérieuse pour sortir le pays du cycle des impostures. La lucidité, aujourd’hui, commande de séparer les artisans d’hier des opportunistes d’aujourd’hui. Il serait trop facile de céder aux sirènes des slogans séduisants et des promesses rapides. Mais la politique est une affaire de durée, de continuité et de vérité. La construction du futur doit s’appuyer sur les fondations de ceux qui ont tenu bon quand l’espérance semblait impossible. Voter demain, c’est dire si l’on choisit de consolider l’alternance ou de la fragiliser. L’avenir de nos institutions dépend de cette vigilance. C’est aux électeurs de trancher, mais ils doivent savoir que ce choix ne concerne pas seulement des sièges à pourvoir : il engage le destin même du changement que nous avons attendu, réclamé et enfin conquis.

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