Mouila, capitale Kongo : quand la mémoire devient force d’action

Depuis le 8 août, Mouila, capitale de la Ngounié, est au rendez-vous culturel et historique majeur : les Deuxièmes Rencontres Kongo. Placée sous le thème « De la mémoire à l’action : reprendre possession de la puissance », cette édition réunit jusqu’au 10 août des délégations venues d’Afrique et de la diaspora, avec notamment la participation du Rwanda et de l’Afrique du Sud, représentée par l’artiste Nomcebo. L’ouverture officielle, marquée par la présence du président de la République, a donné le coup d’envoi d’un programme dense, à la fois réflexif et opérationnel.

Un héritage à réinventer

À l’origine de ce mouvement, l’Institut Yanga-Nzinga, basé à Bruxelles, milite depuis 2024 pour la réappropriation de la mémoire historique et culturelle des peuples dits « Kongo », souvent regroupés sous l’appellation « Bantous » par les explorateurs européens. L’objectif : reconnecter les descendants de l’ancien royaume Kongo à leurs racines, au-delà des frontières géopolitiques. « Nous devons nous réapproprier les symboles, les récits, les traditions et les combats de nos ancêtres pour construire un avenir solidaire et éclairé », rappellent les organisateurs, soulignant que cette conscience collective doit transcender les territoires.

Du souvenir à l’engagement concret

 

Reine Margali de la Rosa. Petite fille de Yanga

Si la première édition avait interrogé les notions de résurrection et de renaissance, cette seconde rencontre se veut tourner vers l’action. Chercheurs, historiens, artistes, chefs traditionnels, étudiants et citoyens s’y côtoient dans un espace ouvert, propice au partage d’expériences et à la construction d’initiatives durables.

Loin des commémorations symboliques et des débats confinés aux milieux académiques, Mouila accueille un véritable laboratoire d’idées où la tradition dialogue avec la modernité. Ici, les peuples Kongo, qu’ils soient d’Afrique centrale ou de la diaspora, tissent un nouveau pacte mémoriel pour éclairer leur avenir. L’événement rend également hommage à Nzinga Mbemba Yanga, plus connu sous le nom de Yanga Nzinga, figure panafricaniste engagée pour la reconnaissance de l’identité culturelle Kongo en Afrique centrale, notamment au Gabon, en République du Congo et en Angola. Son œuvre de valorisation du patrimoine africain sert de fil conducteur à cette rencontre, qui se veut un acte de continuité et de transmission.

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