ANBG : 34 délégués sacrifiés sur l’autel de l’arbitraire

Voilà plus de 18 mois que 34 délégués de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG), pourtant nommés par décret en Conseil des ministres, sont privés de rémunération. Dix-huit mois de silence, de mépris et de manœuvres administratives douteuses, alors même que leurs droits sont garantis par des textes officiels. Comment comprendre qu’au sein de la même institution, certains agents perçoivent tranquillement leurs indemnités, quand d’autres, nommés dans les mêmes conditions, sont laissés pour compte ? Ce deux poids, deux mesures illustre une pratique discriminatoire qui mine la crédibilité de l’ANBG et jette une ombre sur la gouvernance publique. Le collectif des délégués n’hésite pas à pointer la responsabilité de l’ancien directeur général, accusé d’avoir détourné les ressources destinées aux délégations. La Cour des comptes aurait d’ailleurs confirmé ces dérives lors d’une audition. Mais l’arrivée d’un nouveau directeur, loin de corriger ces abus, s’est heurtée à des forces d’inertie internes qui bloquent toute avancée, transformant l’ANBG en terrain de règlements de comptes et de clientélisme.

Plus grave encore, les documents administratifs jadis validés par la Direction administrative et financière règlements intérieurs, fiches de poste, cartes professionnelles sont aujourd’hui reniés par ceux-là mêmes qui les avaient signés. Une révision arbitraire de l’histoire administrative qui frise le scandale. Les délégués dénoncent également un climat délétère où intimidation, opacité et favoritisme tiennent lieu de gestion. Une cellule de concertation tripartite, proposée pour sortir de l’impasse, aurait été sabotée par un « directeur officieux » qui, selon eux, tire les ficelles dans l’ombre et orchestre une véritable chasse aux sorcières. Face à ce qu’ils qualifient de mascarade, le collectif exige sans détour : la reconnaissance officielle de leurs fonctions ; le paiement immédiat et intégral des indemnités dues ; la fin des entraves administratives et discriminatoires. « Nous avons été patients, mais nous ne serons pas éternellement les victimes consentantes d’un système injuste », préviennent-ils. Leur détermination est intacte, et leur combat pourrait bien devenir celui de tous ceux qui refusent que l’administration gabonaise continue d’être gérée comme une propriété privée.

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