Les 5 et 6 août 2025, Libreville a accueilli un séminaire national axé sur la réforme structurelle et le renouveau institutionnel dans le cadre de la mise en œuvre annoncée de la Ve République. Organisée par le ministère de la Réforme et des Relations avec les institutions, en partenariat avec l’Union européenne et International IDEA, cette rencontre a réuni experts nationaux, techniciens de l’administration, membres du gouvernement et partenaires internationaux. Selon les autorités, cette initiative s’inscrit dans une volonté affirmée de bâtir un État plus efficace, plus proche des citoyens et conforme aux principes de bonne gouvernance. Le vice-président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier, représentant le Chef de l’État, a présenté cette réforme comme une réponse aux attentes populaires. De son côté, le ministre de la Réforme, François Ndong Obiang, a insisté sur la légitimité du processus, née de l’élection présidentielle d’avril 2025.

Parmi les sujets abordés figurent la nouvelle architecture institutionnelle découlant de la Constitution adoptée en décembre 2024, la redéfinition des rôles au sein de l’exécutif, ainsi que la mise en place d’organes tels que le Contrôle général de l’État ou la Coordination des projets présidentiels. Ce recentrage des pouvoirs autour du Président de la République, appuyé par un vice-président coordonnant l’action gouvernementale, soulève cependant des interrogations sur l’équilibre entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. L’intervention du juriste Gira Ondzagha a mis en lumière une proposition de réforme visant à intégrer la Cour des comptes dans le circuit de validation des textes réglementaires budgétaires, en complémentarité avec le Conseil d’État. Une évolution présentée comme un levier pour améliorer la transparence des décisions financières.
Pour Nicolas Matatu, représentant d’International IDEA, les échéances électorales à venir législatives, locales et sénatoriales seront déterminantes pour tester la solidité du nouveau cadre institutionnel. Il a souligné que, malgré l’adoption d’une nouvelle Constitution, la réforme reste un processus progressif qui demandera de la cohérence, du suivi et un engagement sur le long terme. Le séminaire a donné lieu à plusieurs recommandations : modernisation de la gouvernance, amélioration des services publics, participation citoyenne accrue, et recours aux technologies innovantes. Autant de chantiers ambitieux qui nécessitent désormais des mécanismes clairs d’application et d’évaluation. Si les intentions affichées sont ambitieuses, de nombreux observateurs attendent désormais des actes concrets et mesurables. La réussite de cette réforme dépendra moins des discours que de sa traduction réelle dans le fonctionnement quotidien des institutions et dans la vie des citoyens.