Nzigou promet le changement à Libreville

La scène politique gabonaise vit une séquence inédite. À l’approche des municipales de septembre 2025, la candidature d’Anges Kevin Nzigou à la mairie de Libreville a pris un tournant concret avec le lancement de sa campagne dans le 5ᵉ arrondissement. Plus qu’un simple déplacement électoral, l’événement a été pensé comme une démonstration de rupture et d’inclusion, portée non seulement par le candidat lui-même, mais aussi par ses colistiers qui ont exprimé les attentes pressantes des habitants.

Un pacte d’inclusion comme feuille de route

Dans son discours de déclaration, Anges Kevin Nzigou a insisté sur son ambition de mettre fin aux « aberrations démocratiques » héritées du passé, notamment l’élection de conseillers municipaux sans programme ni visibilité sur le futur maire. Il a présenté un « pacte d’inclusion » reposant sur cinq piliers : inclusion sociale, ethnique, économique, territoriale et politique.

Pour le candidat, il s’agit de transformer le 5ᵉ arrondissement  souvent marginalisé malgré ses richesses en vitrine d’une gouvernance nouvelle. La décharge de Mindoubé, qualifiée de « plaie béante » et de « symbole de l’abandon », serait reconvertie en centre de tri et de recyclage, créateur d’emplois verts. Nzigou a également rappelé que l’éducation resterait sa priorité absolue, citant son propre parcours et celui de son épouse comme preuve que « l’école publique est le seul véritable ascenseur social ».

Ruth Medome : « Le changement commence ici »

Si l’allocution de Nzigou a marqué les esprits, l’intervention de Ruth Medome, porte-parole du 5ᵉ arrondissement, a donné un ton encore plus symbolique à ce lancement. Devant une foule rassemblée au carrefour choisi pour l’événement, elle a salué « le message fort » envoyé par le candidat en choisissant de commencer sa tournée communale dans ce territoire souvent relégué.

« En venant ici, vous témoignez que le changement que vous voulez incarner commence dans le 5ᵉ arrondissement », a-t-elle déclaré. Elle a exprimé la gratitude des militants pour la confiance placée en eux, tout en appelant à une campagne électorale exemplaire, fondée sur le respect de la Constitution et des valeurs traditionnelles.
Medome a insisté sur l’unité et la proximité, martelant que la candidature de Nzigou symbolise une nouvelle manière de faire de la politique : transparente, participative et enracinée dans la vie des quartiers.

Parfait Mbadinga : un constat amer et une exigence de rupture

Mais c’est sans doute la voix de Parfait Mbadinga, tête de liste du FDS pour le 5ᵉ arrondissement, qui a résonné le plus avec le vécu quotidien des habitants. Dans un discours sans détour, il a dressé un « constat amer » de la gouvernance passée : absence de participation des populations à l’élaboration et à l’exécution du budget communal, insalubrité chronique, voiries impraticables, inondations récurrentes et marchés municipaux livrés aux expatriés.

« Nous sommes fatigués ! Fatigués d’être ignorés, fatigués de voir nos mères humiliées dans les marchés, fatigués de subir le communautarisme et le mépris », a-t-il lancé sous les acclamations.

Mbadinga a dénoncé l’insécurité alimentée par un éclairage public défaillant et une jeunesse abandonnée, livrée à la délinquance faute d’espaces de loisirs et d’opportunités. Il a promis que la liste FDS porterait une gouvernance nouvelle, où chaque citoyen du 5ᵉ arrondissement aurait enfin voix au chapitre.

Une campagne de proximité et de mobilisation

Ce triple discours  celui du candidat, de la porte-parole et de la tête de liste  a donné le ton d’une campagne qui se veut participative et inclusive. Les militants présents ont été appelés à devenir des « ambassadeurs de l’inclusion », avec pour premier geste citoyen l’inscription sur les listes électorales.
En rompant avec l’image des « maires bureaucrates », Anges Kevin Nzigou promet un mandat de proximité, au plus près des habitants. Mais au-delà de sa personne, ce sont les voix de Medome et Mbadinga qui traduisent le sentiment d’une population prête à tourner la page de l’abandon et du statu quo.

Le pari du FDS : transformer la colère en votes

Pour Libreville, ces municipales pourraient marquer un tournant. En plaçant le 5ᵉ arrondissement au cœur de sa stratégie, le FDS tente de transformer la colère populaire en force électorale, et de faire de ce territoire longtemps marginalisé un bastion du renouveau.
« Le changement est entre vos mains », a conclu Nzigou. Reste désormais à savoir si ce pacte d’inclusion, porté collectivement, saura convaincre les électeurs et ouvrir la voie à une gouvernance municipale véritablement partagée.

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