Oligui fidèle à sa logique d’inclusion

Depuis la création de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), portée sur les fonts baptismaux par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, un mot revient avec insistance dans son discours politique : l’inclusion. Le chef de l’État, fidèle à sa volonté affichée de réunir tous les fils et filles du Gabon autour d’un projet commun, entend rassembler les forces politiques jadis opposées, sans distinction d’appartenance. Mais cette démarche, bien que saluée pour son esprit d’ouverture, soulève aussi des interrogations profondes sur les contours réels de cette inclusion, notamment à la lumière de certaines nominations lors de la création du parti politique très controversées.

Lors de l’Assemblée générale constitutive de l’UDB, la scène politique gabonaise a été marquée par la présence d’anciens ténors du Parti Démocratique Gabonais (PDG), formation au pouvoir pendant plus de cinq décennies. Certains d’entre eux, qui incarnent à tort ou à raison les errements d’un système honni par une grande partie de la population, figurent désormais dans les instances dirigeantes du nouveau parti. Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir les gabonais et gabonaises qui étaient là.

Beaucoup de Gabonais s’interrogent : comment expliquer le retour sur le devant de la scène de ceux qui, hier encore, étaient décriés pour leur gestion autoritaire, leur arrogance et leur déconnexion des réalités du peuple ? Certains sont même perçus comme les symboles d’un système sclérosé, qualifiés de « machines indestructibles », tant ils étaient imbus de leur pouvoir et convaincus d’être au-dessus de toute critique. La démarche inclusive du président Oligui Nguema, louable en apparence, ne doit-elle pas s’accompagner d’une rupture réelle avec les pratiques du passé ? La nation gabonaise, en quête de renouveau, aspire à une gouvernance éthique, transparente et tournée vers l’intérêt général. Dès lors, une question fondamentale se pose : ceux qui ont échoué hier peuvent-ils véritablement contribuer au Gabon de demain ? Ont-ils changé ? Sont-ils porteurs d’idées nouvelles, vertueuses, capables d’éclairer une autre voie ?

Il ne s’agit pas ici de juger les individus, mais de questionner la pertinence de certains choix dans un contexte de renouveau politique et de refondation nationale. L’inclusion, si elle veut être durable et crédible, ne doit pas signifier la reconduction systématique des figures du passé, surtout lorsqu’elles n’ont pas fait preuve de probité ou de résultats concrets. Inclure, oui, mais avec discernement. La rupture n’exclut pas l’ouverture ; elle exige des actes forts et symboliques. Le président Oligui Nguema a été porté à la tête du pays avec l’espoir d’un changement de paradigme. Le « Nouveau Gabon » qu’il appelle de ses vœux ne saurait reposer uniquement sur des slogans. Il a le devoir de convaincre, non pas en paroles, mais en actes. Cela suppose de trancher avec les logiques de recyclage politique, au profit d’un véritable renouvellement des élites, fondé sur le mérite, l’engagement patriotique et l’intégrité morale. La refondation passe par une révolution des mentalités autant que des structures. Le Gabon a besoin d’hommes et de femmes capables de proposer des solutions nouvelles, loin des calculs politiciens. L’inclusion, oui, mais sans compromission avec l’échec ni complaisance avec les pratiques qui ont plombé le pays.

 

 

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