Le 23 septembre 2001, Dawit Isaak, journaliste suédo-érythréen, était arrêté à Asmara. Vingt-quatre ans plus tard, il demeure détenu au secret en Érythrée, sans procès ni chef d’accusation. Son cas est devenu le symbole de la répression extrême exercée par le régime du président Issayas Afeworki, au pouvoir depuis 1993.
Né en 1964, Dawit Isaak a cofondé Setit, premier journal indépendant du pays. À la faveur d’un bref espoir d’ouverture politique au début des années 2000, il ouvre ses colonnes aux voix réformatrices. Mais dès septembre 2001, le régime lance une vaste répression, muselant la presse et emprisonnant ministres, opposants et journalistes. Depuis, Dawit Isaak n’a jamais revu sa famille. Ses dernières nouvelles remontent à 2010, lorsque d’anciens gardiens de prison l’ont décrit malade et affaibli.
Aujourd’hui, une mobilisation panafricaine relance le combat pour sa libération. Le 23 septembre 2025, à 12h GMT, des journalistes de dix pays africains publieront une photo brandissant le poster « Free Dawit Isaak ». L’opération, intitulée Un journaliste, une photo. Une voix, vise à rappeler que « défendre Dawit Isaak, c’est défendre la liberté de la presse partout en Afrique et dans le monde ».
L’Érythrée figure à la dernière place du classement mondial de la liberté de la presse 2025 de Reporters sans frontières (RSF). Aucune presse indépendante n’y existe, et des milliers de citoyens y sont détenus arbitrairement. Pour RSF, la libération de Dawit Isaak reste un test majeur de la volonté du régime d’Asmara de respecter les droits humains fondamentaux.
Alors que sa détention entre dans sa 24e année, la mobilisation internationale s’intensifie, mais une question demeure : Dawit Isaak est-il encore en vie ?