Au nom de mes ancêtres Éssokè, d’Édang Menguire, Minko-Mi-Édang et Léon M’Ba.

(À propos de la descendance biologique de Léon M’Ba)

Au moment où je m’apprête à porter sur les fonts baptismaux un ouvrage consacré à la descendance de Léon M’Ba, mon grand-père, j’ai tenu à en livrer un avant-goût afin que la vérité soit dite et que nul n’en ignore à la veille du 17 août, moment de recueillement au Mémorial Léon M’Ba, hélas devenu lieu géométrique d’une escroquerie, sans nom et sans fin, perpétrée de longue date, côté famille, par une engeance sans vergogne, sans honte ni peur, au détriment, d’une part, du sang du grand homme que fut et reste Léon M’Ba et, d’autre part, de sa tribu Éssokè. Pour avoir cru que le silence de la lignée Édang Menguire et Minko-Mi-Édang signifiait faiblesse ou veulerie, leur réveil relèvera de la catharsis inéluctablement générée par cet opuscule annoncé, véritable œuvre de ”salubrité lignagère”.

Certes, Léon M’Ba appartient à la République, mais il serait mal venu qu’en raison de cette commune appartenance, ce soit sa descendance, la vraie qui, par son inaction, canonise une imposture devenue grossière et outrancière. C’est pourquoi, invoquant Édang Menguire, Minko-Mi-Édang, Léon M’Ba et devant les témoins de la première heure encore en vie, JE DÉNONCE ! Face aux dérives que connaît la famille de leur père, Félix MBA, en son temps, et Lucie MBA, seule et unique survivante de la progéniture directe de Léon M’Ba, avaient décidé, chacun pour ce qui le concerne, d’interpeller tous ces "enfants" qui s’en réclament, en rappelant aux uns et aux autres de savoir faire preuve d’humilité et de se comporter dignement dans le respect de l’image et de la mémoire de l’intéressé. En prenant ainsi la plume, ils voulaient inviter tout ce petit monde à changer de comportement et à être à la hauteur du nom qu’il revendique, malgré les voies tourmentées et détournées empruntées pour y accéder. Visiblement, ce message ne fut pas entendu, et encore moins compris. Pourtant, il s’agissait de les mettre en garde, notamment en leur indiquant que chaque famille a des secrets qu’il faut savoir garder. Car, faute de le faire, ces secrets finissent par être éventés, au détriment des intrépides et des téméraires qui refusent de se soumettre à cette exigence. Pendant longtemps, trop longtemps, la famille de Léon M’Ba a vu sa consanguinité s’abâtardir, spoliée par des filiations incertaines et improbables sans qu’officiellement ses membres les plus conscients du respect de cette exigence, ne se lèvent pour dénoncer de telles pratiques. Encore qu’il faille rappeler que le silence ainsi affiché se fondait sur un modus vivendi qui privilégiait la gestion interne des secrets de famille. Comme c’est le cas dans nombre de familles.

Or, ce mutisme ne vaut et ne perdure qu’aussi longtemps que nul ne dévie de la règle. Il en a été ainsi du vivant de Léon M’Ba et de son épouse Pauline M’Ba. Dès leur disparition, il n’en n’était plus de même. Désormais, l’omerta observée sur les secrets de famille n’était plus de mise, laissant la place à l’expression de revendications de toute nature, au nom de leur filiation avec Léon M’Ba, faite de bric et de broc. D’autant qu’une descendance n’est forte que si, en plus de l’ADN, ses membres partagent les mêmes valeurs et convictions, une histoire commune, ainsi que le même sentiment d’appartenance. Or, en regardant avec minutie les différents cas susmentionnés, l’on se rend compte qu’il n’en n’est pas ainsi dans la famille de Léon M’Ba. Tant il est évident que des éléments perturbateurs venant d’horizons divers s’y sont incrustés, en usant de manœuvres dolosives, manière de la fragiliser dans son présent tout en la menaçant dans son avenir. Et ce faisant, ces individus qui sont, en réalité, des pièces rapportées prolifèrent au détriment des personnes qui véritablement en constituent la lignée, escomptant désespérément ainsi former les maillons d’une impossible seule et unique chaîne. Dans cette configuration, il va sans dire que toute intrusion est un poison qui, lentement et sûrement, si aucune mesure d’expulsion n’est prise, finit par briser les solidarités internes, en s’y insinuant, aux fins de mieux les faire imploser, oubliant que c’est grâce à elles, que les identités, vraies ou fausses, avaient pu cohabiter.

Mais, après l’audace transgressive du 17 août 2024, il ne pouvait plus en être de même. Il était devenu impérieux, aujourd’hui bien plus qu’hier, de faire cesser le trouble qui en a résulté. Car c’est uniquement à ce prix qu’il est donné aux familles l’opportunité de recoudre les fils de l’unité familiale qui en sont le ciment. Pour en arriver là, il faut du courage et surtout une certaine liberté de parole afin de dire à chacun son fait. C’est ainsi que l’on peut appeler un chat un chat. En d’autres termes, « il faut dire les choses franchement, sans euphémisme ni détour, et appeler les choses par leur vrai nom, même si le sujet est désagréable ou difficile. Cela implique d’être honnête et direct dans sa communication, sans avoir recours à des circonlocutions ou à une fausse pudeur. »

Mais, au fait, qui est qui, dans cette famille ? Pour le savoir, l’arbre généalogique est d’un apport appréciable. Il permet de situer et préciser qui est effectivement l’enfant de Léon M’Ba et qui ne l’est pas. D’autant que, de son vivant, Léon M’Ba avait, officiellement, un foyer, celui de Mont-Bouët auquel s’ajoutait l’existence de plusieurs maitresses. Cela faisait partie des secrets de famille. Chacun savait. Ainsi, entre autres, ses frères et ses sœurs savaient, mais n’en parlaient pas. C’est dire que, dans le cercle familial élargi de Mont-Bouët, nul n’était dupe. Personne, en fait, n’ignorait la vérité. Cela est si vrai que certaines naissances, dont tout démontre qu’elles ne pouvaient être de lui, sont portées à son crédit. Un état de choses qui n’a jamais gêné ni les concernés, ni leurs lignées respectives. Mais toujours est-il que cette spécificité ne saurait suffire à créer une consanguinité. Autrement dit, si le droit peut effectivement régler socialement des cas posés par certaines naissances, il ne peut, aucunement, procéder au transfert de l’ADN d’un individu à un autre. C’est du moins ce que dit la génétique. Sauf preuve contraire. Ainsi présenté, le problème, en l’espèce, n’est pas tant de savoir si tel ou tel enfant est de Léon M’Ba, mais plutôt de faire en sorte que chacun reconnaisse et accepte son statut. Surtout lorsque, dans le même temps, les actes de naissance et autres procédures sont sujets à caution. C’est ce qu’a mis en évidence l’examen minutieux des différents dossiers ayant documenté les recherches effectuées dans ce cadre. Encore qu’il faille rappeler qu’en procédant à cet exercice, le but visé au départ n’était point de chasser qui que ce soit, mais plus prosaïquement d’arriver à faire en sorte que, comme l’avait si bien déterminé Félix MBA, « […] chacun sache occuper sa place et son rang réels ». Rien de plus, rien de moins. Est-ce trop demander ? Léon M’Ba a été inhumé le 4 décembre 1967. Ces ”enfants” qui, aujourd’hui, veulent en faire un père, oublient certainement que c’est une prétention qui aurait dû les conduire à être moins bruyants, plus humbles, pour que des solutions appropriées puissent être trouvées, au regard du contexte juridique de l’époque qui ne plaidait nullement en leur faveur. D’autant que les documents justificatifs apportés par les uns et les autres sont des faux. Donc, juridiquement irrecevables et pénalement condamnables. Sûrs, mais à tort, d’un « bon droit » imaginaire, ils pouvaient, pensaient-ils, élever la voix, revendiquer à hue et à dia, et au besoin s’accaparer tel ou tel bien du patrimoine laissé par Léon M’Ba. Ou même profaner, en y effaçant tout indice mémoriel, sa maison de Mont-Bouët, privant, de ce fait, toute personne qui aurait désiré la visiter et toucher du doigt le cadre de vie de Léon M’Ba et sa famille, en dehors du Palais présidentiel. Et tout cela, sans rendre des comptes à qui que ce soit. En gros, ils se disaient que tout leur était permis, convaincus qu’ils sont d’être les enfants de Léon M’Ba. En fait, volontairement ou involontairement, ils se sont égarés. Que l’on ne s’y méprenne pas … Pour lever toute équivoque, je signale au passage que c’est bien cet écosystème précis, quoique disparate, que visait le communiqué laconique sommant ” la famille Léon M’Ba” de ” restituer” certains artefacts ayant appartenu à l’illustre disparu, effets indûment distraits grâce à la très coupable industrie d’une prétendue ”fondation Léon M’Ba” entité congénitalement illégitime et interlope, autant fantomatique, nuisible qu’inutile, au regard aussi bien de sa structuration actuelle que de ses méfaits identifiables.

‘De leur naissance, ces ‘’enfants’’ ont assurément manqué quelques épisodes malheureusement très importants, pour comprendre et saisir la réalité de leur position vis-à-vis de la loi et des enfants légitimes et consanguins de Léon M’Ba. S’ils avaient pris le temps de la réflexion, qui aurait consisté à interroger, sereinement et sans a priori, l’environnement qui les vit naître, ils auraient indubitablement procédé autrement. En effet, lorsqu’ils sont nés, la loi gabonaise était à l’unisson de la législation française, dont elle s’inspire, quand elle ne la reprend pas tout bonnement, quasiment mot pour mot. Mimétisme oblige ! Dans ce contexte, les dispositions légales jouaient contre eux. Ce qui est toujours le cas aujourd’hui. De ce fait, il y a dans leur comportement comme un déni de réalité, digne de psychanalyse. Pourtant, l’humilité et un certain sens de l’honneur et de la dignité auraient dû les amener à prendre acte de la situation qui est la leur, afin de savoir en tirer les justes et légitimes conclusions qui s’imposent. Mais c’est trop leur demander. Et comme la honte ne tue pas, embouchant vuvuzélas et trompettes, ils continuent leur folle équipée, avec en bandoulière son lot toxique de scandales, casseroles et scories, vers un inéluctable ” no future”. En agissant de la sorte, pensaient-ils que leur statut viendrait à changer ? Nullement ! Car, quoi qu’ils fassent, ils ne deviendront jamais consanguins de Léon M’Ba. C’est pourquoi, dans l’ouvrage à venir, seront exposées la pléthore des faux documents dont ils croient pouvoir se prévaloir ainsi que les manigances ayant permis leur établissement…

Il s’agit là, pour moi, d’une manière de célébrer en apothéose les cent ans de la naissance d’Agnès-Louise Andeme Obame, ma mère, aînée des cinq enfants biologiques de Léon M’Ba. Afin qu’enfin nul n’en ignore !

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