Dans un contexte de chômage élevé et de vie chère, même de petites sommes peuvent peser lourd sur le quotidien. Les Gabonais interrogés expriment leurs doutes et leurs frustrations face à une taxe qui semble déconnectée de leurs réalités économiques.

« Des sommes qui paraissent minimes sont une richesse pour certains »
Concernant la nouvelle taxe sur l’habitation, je me demande pourquoi elle est instaurée, alors que la majorité des Gabonais a du mal à se nourrir, avec un taux de chômage élevé et une fonction publique qui ne recrute presque plus. Cette taxe sera particulièrement difficile à supporter pour les populations à faibles revenus. Une somme de 500 ou 1 000 FCFA, qui peut sembler insignifiante pour certains, représente une véritable richesse pour d’autres. Il y a des familles qui se nourrissent avec 1 000 FCFA par jour et qui peinent même à réunir cette somme. Très sincèrement, cette taxe n’est pas la bienvenue.

« Cette réforme vient encore nous asphyxier »
Je pense que la taxe sur l’habitation n’a pas lieu d’être, car le Gabon connaît un taux de chômage très élevé, atteignant un niveau critique. Les finances des ménages ne suivent pas, le travail manque, et les conditions de vie se détériorent. Nos parents et grands-parents retraités perçoivent leurs pensions avec retard. Ceux qui travaillent rencontrent des problèmes de salaires et de reclassement. Sans parler des difficultés liées aux bourses scolaires. Dans ce contexte, cette réforme vient encore nous asphyxier. Cette taxe n’a pas été suffisamment étudiée. Le gouvernement devrait la revoir, voire l’annuler. Il serait préférable d’adopter une approche plus inclusive envers la population. Peut-être que dans dix ans, avec une réelle amélioration des conditions de vie, cette taxe pourrait être envisagée.

« La taxe sur l’habitation n’a aucun sens »
Selon moi, la taxe sur l’habitation pénalise avant tout les populations les plus vulnérables. Les familles doivent déjà payer l’eau, l’électricité et de nombreuses autres charges. Cette taxe n’a aucun sens dans le contexte actuel. Si elle devait être appliquée au Gabon, il faudrait d’abord penser à ceux qui n’ont pas de travail mais vivent dans des logements. Il faudrait créer des emplois et garantir une rémunération décente afin que chacun puisse s’en acquitter. Lors d’un procès récent, on a entendu parler de sommes colossales, de milliards détournés. Or, le Gabon regorge de ressources. Pourquoi continuer à soutirer de l’argent à ceux qui n’ont presque rien ?

« Cette taxe peut contribuer à la réduction de la dette »
Je pense que la taxe forfaitaire sur l’habitation n’est pas une mauvaise chose en soi, dans la mesure où elle a été conçue pour que chaque ménage et chaque entreprise paient en fonction de leurs revenus. Les personnes économiquement plus faibles paieraient environ 1 000 FCFA, ce qui reste supportable, tandis que celles disposant de revenus plus confortables paieraient jusqu’à 30 000 FCFA.
Cette taxe pourrait ainsi contribuer à la réduction de la dette de l’État.

« Est-ce une manière d’arnaquer les Gabonais ? »
Je ne suis pas d’accord avec cette réforme portant sur la taxe sur l’habitation. Est-ce une nouvelle manière d’arnaquer les Gabonais ? En tant que jeune, la priorité pour nous reste l’emploi et la lutte contre le chômage. Ce sont ces questions que le gouvernement devrait traiter en priorité.
Comment payer une taxe lorsque l’on est au chômage ? Cette réforme suscite de vives réactions sur les réseaux sociaux, et la majorité des Gabonais, en particulier les jeunes, y est opposée.