À travers son secrétaire général, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, Ali Bongo appelle les Gabonais à voter massivement pour le PDG le 27 septembre. L’appel sonne creux, presque ironique. Car comment demander à un peuple de sauver une machine politique qu’il a lui-même contribué à détruire ?
En appelant les Gabonais à « sauver » le Parti démocratique gabonais lors des législatives et locales du 27 septembre, Ali Bongo et ses fidèles semblent oublier que ce parti est tombé de sa propre gloire. Jadis présenté comme indestructible, le PDG n’est plus qu’un souvenir embarrassant, symbole d’un système rejeté par le peuple. Le PDG, hier présenté comme « indestructible », est aujourd’hui un parti en ruine. Sa chute ne date pas d’hier. Bien avant les élections de 2025, de nombreux cadres et militants avaient déjà tourné le dos à ce parti devenu synonyme de désordre à l’Assemblée nationale, de gaspillage dans les mairies et de confiscation du pays par une élite déconnectée. Les Gabonais ne se reconnaissaient plus dans cette machine qui étouffait leurs voix au lieu de les porter. Ali Bongo, lui-même, disait vouloir être « libéré » et se retirer de la scène politique. Il affirmait aussi que son bonheur dépendrait de celui des Gabonais. Ironie du destin : depuis son retrait, beaucoup disent enfin respirer. Aujourd’hui, les Gabonais goûtent à une forme de soulagement, voire de bonheur, que le PDG ne leur avait jamais offert. Alors pourquoi revenir aujourd’hui avec un discours de « résistance » ? Pourquoi supplier ceux qu’on a ignorés, humiliés et fatigués, de ressusciter un parti qui les a si longtemps privés de perspectives ? La vérité est simple : le PDG a perdu son pari, et avec lui, Ali Bongo. Ce 27 septembre, il ne s’agira pas de voter pour sauver une institution, mais de reconnaître qu’un cycle est bel et bien terminé. Le PDG, qui se croyait éternel, fait désormais partie du passé. Et vouloir le ressusciter relève moins de la politique que de la nostalgie.