La taxe sur l’habitation fait débat dans la rue

La nouvelle taxe sur l’habitation continue de faire débat au Gabon. À travers ce micro-trottoir, des citoyens expriment leurs inquiétudes, leurs attentes et leurs réserves face à une réforme jugée sensible.

M. Davy

« Une taxe ne peut être bénéfique que si les populations en voient les effets concrets »

Je prends la parole pour donner mon avis sur la nouvelle taxe sur l’habitation instaurée récemment au Gabon. À mon sens, cette taxe peut représenter une opportunité si elle est bien gérée. Elle pourrait contribuer à relancer l’économie, renforcer les recettes publiques et permettre des investissements dans les infrastructures, les routes ou les logements sociaux. Cependant, le Gabon fait face à de graves difficultés, notamment dans l’éducation et la santé. De nombreuses écoles et hôpitaux manquent de moyens, et les conditions de vie restent précaires pour beaucoup de citoyens. Une taxe ne peut être bénéfique que si les populations en constatent les effets concrets dans leur quotidien. J’espère donc que les fonds collectés seront utilisés de manière transparente et équitable. Je ne suis pas opposé à cette taxe, mais je suis pour une gestion responsable et un changement réel au bénéfice de tous les Gabonais.

M. Willy

« L’État veut encore venir puiser dans nos petites ressources financières »

Pour ma part, je pense que la taxe sur l’habitation va défavoriser des familles qui ont déjà du mal à payer leurs loyers, souvent avec des retards. Leur retirer encore une partie de leurs revenus ne fera qu’aggraver leur situation. Pendant le procès, on a parlé de sommes colossales, des montants que je ne verrai probablement jamais de toute ma vie. Et pourtant, on veut nous faire croire que l’État n’a pas cet argent, au point de venir encore prélever sur la population. Nous sommes dans un pays en voie de développement, avec de nombreuses familles démunies et un fort taux de chômage. Beaucoup de personnes cherchent simplement à s’en sortir. Dans ce contexte, l’État veut encore puiser dans nos faibles ressources financières. Je trouve cela injuste, presque cruel. On parle de plus de 2,8 milliards retrouvés après des détournements. Alors, venir encore parler de nouvelles taxes n’est pas cohérent.

M. Claive

« Pour moi, c’est en quelque sorte tuer la population »

Concernant la nouvelle réforme sur la taxe forfaitaire de l’habitation, je pense qu’elle n’est pas normale. Pour instaurer une taxe de ce type, il faut que le pays remplisse certaines normes. Si l’on veut se référer au modèle européen, notamment français, il faut rappeler que les conditions de vie y sont bien différentes. Les populations y disposent de logements modernes et ne subissent pas la précarité extrême que nous connaissons au Gabon. Appliquer ce système dans notre pays, alors qu’une grande partie de la population a du mal à se nourrir, à accéder à l’eau potable et à l’électricité, revient à ajouter une charge supplémentaire à une situation déjà très difficile. Pour moi, c’est presque condamner la population. Si cette taxe devait être appliquée, le gouvernement devrait d’abord améliorer les conditions de vie : garantir l’accès à l’eau, à l’électricité et à des services de base décents. En l’état actuel, cette réforme est très négative.

M. Ulrich

« S’il n’y a pas de travail, il n’y a pas d’argent pour payer les taxes »

Concernant la taxe sur l’habitation, je dirais que son processus d’application n’est pas adapté. La population est insuffisamment informée et certaines normes doivent être revues. Au Gabon, la majorité des ménages est démunie. Bien que le pays soit riche en ressources, peu de moyens sont mis à la disposition des populations pour lutter contre la précarité et le chômage. Comment payer cette taxe alors qu’il n’y a pas de travail ? Le Gabon reste un pays en voie de développement, et beaucoup reste à faire pour permettre une véritable autonomie financière des citoyens. Aujourd’hui, l’armée est devenue, pour certains, la seule voie de secours, alors que de nombreux jeunes ont fait de longues études pour travailler dans leurs domaines de compétence. Il existe d’autres priorités pour le pays que la création et l’application de cette nouvelle taxe. Pour nous, les jeunes, l’essentiel est la création d’emplois et la relance économique.

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