Grand Libreville : le gasoil se fait rare

Depuis le 30 septembre, le gasoil se fait rare dans plusieurs stations-service du Grand Libreville. Les automobilistes font la queue, certaines stations limitent les ventes à 10 000 F par véhicule et la tension commence à se faire sentir. Le gouvernement assure toutefois avoir pris des mesures pour éviter une rupture plus importante et annonce un retour à la normale à partir du dimanche 4 octobre. Dans son communiqué du 2 octobre, le ministère du Pétrole et du Gaz explique cette situation par « une diminution des stocks disponibles au niveau des marqueteurs ». Pour tenir jusqu’à l’arrivée d’un nouvel approvisionnement, les réserves de la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) ont été mises à la disposition des distributeurs. Un rationnement temporaire a également été instauré.

Un navire d’importation est attendu dans la soirée du samedi 3 octobre. Le ministère annonce ainsi « un retour à la normale de la distribution […] à compter du dimanche 4 octobre ». Cette situation remet sur la table une vieille difficulté : le Gabon produit du pétrole, mais ne dispose pas de capacités de raffinage suffisantes pour répondre à toute sa demande. La Société gabonaise de raffinage (Sogara), à Port-Gentil, fonctionne depuis 1967. Sa capacité tourne autour de 1,2 million de tonnes par an, alors que le pays a produit 11,1 millions de tonnes de brut en 2025. Le complément doit donc être acheté à l’extérieur. Le contexte international n’arrange rien. Entre mars et août 2026, le prix du gasoil a augmenté de 59 % sur le marché mondial, selon le Centre for Research on Energy and Clean Air. Le Brent a également dépassé les 100 dollars le baril.

Malgré cette flambée, les prix à la pompe n’ont pas bougé au Gabon depuis janvier 2024. Le litre d’essence reste à 595 F et celui de gasoil à 575 F. L’essence gabonaise est ainsi la moins chère de la CEMAC : 645 F en Guinée équatoriale, 700 F au Tchad, 775 F au Congo et 840 F au Cameroun. En Centrafrique, le litre est désormais à 1 150 F. Cette stabilité est largement portée par l’État. La subvention aux carburants prévue pour 2026 atteint 55,3 milliards de F CFA, contre seulement 12 milliards dans la loi de finances initiale. En novembre 2025, le chef de l’État avait écarté la suppression prévue au 1er janvier 2026. Le ministre du Pétrole et du Gaz, Sosthène Nguema Nguema, avait alors expliqué : « Il était question qu’au 1er janvier 2026, la subvention soit retirée. Mais les conséquences économiques et sociales auraient été lourdes pour toutes les couches de la population. »

Mais cette politique coûte cher au budget et profite davantage aux ménages qui consomment le plus. Selon la Banque mondiale, 96 % de la subvention bénéficie à la moitié la plus aisée de la population. Le gouvernement veut donc mieux cibler cette aide grâce au Registre social unique, lancé en juillet, et au recensement des Gabonais économiquement faibles engagé en septembre. Sur le long terme, les autorités misent aussi sur le raffinage. Une nouvelle raffinerie est prévue à Port-Gentil. Des études de modernisation de la Sogara ont été confiées à Technip Energies et un audit de la raffinerie est en cours. Pour l’instant, aucune hausse des prix à la pompe n’est annoncée. La priorité reste l’approvisionnement des stations et le retour à une distribution normale dans le Grand Libreville.

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